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Un membre de l'équipage du MV Esperenza, bateau de Greenpeace, montre 
une grande arraignée de mer qui a été attrapée et tuée par un bateau 
de pêche au chalut de fond, le Playa de Menduina dans l'Atlantique 
Nord.

Un membre de l'équipage du MV Esperenza, bateau de Greenpeace, montre une grande arraignée de mer qui a été attrapée et tuée par un bateau de pêche au chalut de fond, le Playa de Menduina dans l'Atlantique Nord.

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Amsterdam, International — Alors que la Coupe du Monde de football approche à grands pas, Greenpeace a révélé un fait choquant: toutes les 4 secondes, une surface correspondant à 10 terrains de football est détruite au fond des océans par le chalutage de fond. Le 8 juin est la Journée mondiale des océans. Le temps de cette journée, près de 300 chalutiers de fond traîneront leurs filets en haute mer sur une surface de 1500 km2, détruisant tout sur leur passage.

"Si ce phénomène se produisait sur la terre ferme, l'opinion internationale serait outrée. Le problème, c'est que la destruction des mondes sous-marins se fait à l'abri du regard des hommes - et ce pour quelques poissons seulement" (1) a déclaré Sari Tolvanen, responsable de la campagne océans chez Greenpeace. "Pour capturer des poissons en eaux profondes, des filets gigantesques sont utilisés. Ils sont tirés sur le sol marin, détruisant tout sur leur passage: des coraux centenaires, des éponges et de nombreuses communautés d'espèces fragiles qui ont mis des milliers d'années à se développer."

Les biologistes estiment que les grands fonds marins abritent entre 500.000 et 5 millions d'espèces encore inconnues - ce qui constitue le plus grand réservoir d'espèces à découvrir de la planète. Greenpeace fait partie d'une coalition formée d'ONGs, de scientifiques (plus de 1500) et d'Etats qui demandent l'instauration immédiate d'un moratoire des Nations Unies sur le chalutage de fond en haute mer.

"Un moratoire sur le chalutage de fond en haute mer permettrait aux scientifiques du monde entier d'évaluer l'étendue et la nature de la biodiversité sous-marine - ce qui permettrait aux décideurs politiques de développer et mettre en place des mécanismes efficaces de protection et de gestion soutenable des eaux internationales. Un tel moratoire serait un premier pas en faveur d'une protection efficace des océans" a déclaré Karen Sack, conseillière politique chez Greenpeace International.

"Le 8 juin, le monde concentrera son attention sur les océans - source de la moitié de l'oxygène que nous respirons. Nous devons en profiter pour faire pression sur les gouvernements afin qu'ils protègent les trésors des profondeurs pour les générations futures. Si nous n'arrêtons pas le chalutage de fond en haute mer maintenant, l'ensemble des coraux de hauts fonds sera détruit au cours des 16 prochaines années - soit à peine le temps d'organiser 4 Coupes du Monde de football", a ajouté Sari Tolvanen.

La tâche est considérable, mais pas insurmontable. La semaine prochaine, les gouvernements du monde entier se rencontrent à New York pour discuter des dangers qui menacent la biodiversité sous-marine et des possibilités d'action en faveur des grands fonds marins (2).

La campagne de Greenpeace en faveur d'un moratoire sur le chalutage de fond en haute mer se fait dans le cadre de la plus importante expédition navale jamais entreprise par l'organisation écologiste: l'expédition 'Défendons nos océans', longue de 14 mois, a pour objectif la création d'un réseau mondial de réserves marines couvrant 40% des océans de la planète. Ces réserves marines sont des endroits où toute intervention humaine est interdite et où les océans et leurs habitants peuvent se régénérer en toute sérénité.

Notes

(1) Il existe actuellement près de 300 chalutiers de fond en haute mer à travers le monde; ils représentent 0,3% de l'ensemble des navires de pêche de la planète (3 millions au total) et comptabilisent seulement 0,2% des prises de produits de la mer. La contribution du chalutage de fond en haute mer au marché global de l'alimentation de la mer est négligeable.


(2) Afin de voir la liste des pays qui s'opposent ou soutiennent le chalutage de fond en haute mer, rendez-vous sur le site de la 'Coupe du monde des Océans' de Greenpeace