Reykjavik, Islande —
Depuis ce matin, les affirmations de chasse à la baleine 'soutenable' du gouvernement islandais ont du plomb dans l'aile. Des militants Greenpeace ont en effet révélé que près de 200 tonnes de chair de rorqual commun - une espèce menacée d'extinction - sont toujours entreposées dans l'attente de tests toxicologiques, et que 180 tonnes d'os et d'entrailles ont été jetés et pourrissent dans une décharge.
Fin 2006, un chasseur ayant obtenu du gouvernement islandais une licence commerciale a tué 7 rorquals communs. La viande de baleine islandaise est destinée à l'exportation vers le Japon, malgré les affirmations du chasseur selon lesquelles une partie du produit est impropre à la consommation.
Cliquez sur le bouton "play" pour regarder des images filmées récemment en Islande et des interviews avec le capitaine du bateau-chasseur de baleines ainsi qu'avec le responsable de campagne Greenpeace, Frode Pleym, sur le site de la décharge. Merci à Stod 2 - Télévision islandaise pour les images du capitaine.
Au cours des prochaines semaines, les chasseurs japonais se préparent à abattre 10 rorquals communs et 935 petits rorquals dans le Sanctuaire baleinier antarctique, en dépit du fait qu'au Japon les congélateurs abritent un stock colossal de 4400 tonnes de viande de baleine qui n'a pas trouvé preneur.
"Le gouvernement islandais prétend que sa chasse commerciale à la baleine est soutenable, mais comment peut-il justifier de tuer des espèces menacées d'extinction sans qu'il y ait une demande sur la marché local, et alors qu'il existe un gigantesque surplus de viande de baleine au Japon?", a déclaré Frode Pleym, de Greenpeace Islande. "L'Islande et le Japon continuent à chasser les baleines en dépit des protestations locales et internationales, sans qu'il y ait une seule justification scientifique, économique ou environnementale à cette activité de chasse," a ajouté Pleym.
Greenpeace a lancé récemment une campagne planétaire de recrutement et invite des dizaines de milliers de personnes à faire campagne contre la chasse baleinière via un nouveau site web. Cette nouvelle équipe de campagne a déjà demandé aux pays opposés à la chasse de s'engager à réformer la CBI (Commission Baleinière Internationale) et de refuser d'assister à une réunion en faveur de la chasse baleinière, sponsorisée par le gouvernement japonais à Tokyo le mois prochain.
"Lors d'un sondage d'opinion récent réalisé par le Nippon Research Centre, 69% des Japonais interrogés ont déclaré s'opposer à la chasse baleinière pratiquée par leur gouvernement, notamment dans le Sanctuaire baleinier antarctique", a déclaré Junichi Sato, coordinateur de la campagne baleines chez Greenpeace Japon. "Il n'est d'ailleurs pas surprenant qu'il existe des stocks gigantesques de viande de baleine. Le même sondage montre en effet que 95% des Japonais ne mangent jamais, ou que très rarement, de la viande de baleine. Il est temps que tous les gouvernements s'engagent en faveur des baleines, et non en faveur d'une activité industrielle inutile, dépassée et dont personne ne veut", a ajouté Sato.
Jeudi, le navire Greenpeace Esperanza lèvera l'ancre pour se rendre dans l'Océan Austral. Les militants à bord de l'Esperanza se mettront encore une fois entre les harpons à grenades et les baleines, afin d'empêcher un nouveau massacre.