La pêche illégale est un spectacle désolant...
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Depuis un an, les yeux de milliards de personnes se sont tournés vers l'Afrique. Les gouvernements, les célébrités et des millions de personnes de partout dans le monde réclament un commerce équitable, l'effacement de la dette africaine et le développement du continent. Mais prenons la peine de transférer notre attention de la terre vers la mer: nous remarquerons alors que la plupart des problèmes mis en lumière sur le continent concernent également les océans.
La Sierra Leone, la Guinée et la Guinée-Bissau sont des pays très pauvres, même selon les standards africains. La majorité des Sierra Léonais vivent avec moins de 2 Euros par jour. L'espérance de vie est de 41 ans et la moitié de la population souffre de malnutrition. Ironiquement, ces trois pays jouissent d'un accès direct à des zones de pêche parmi les plus riches de la planète.
S'il y a autant de poisson à disposition, pourquoi donc l'Afrique de l'Ouest manque-t-elle à ce point d'argent et de nourriture? Pourquoi est-ce la seule région du monde où la consommation de poisson est en baisse?
Commerce non équitable
Des braconniers pillent les eaux les plus poissonneuses du monde, privant ainsi les personnes les plus pauvres de la planète de nourriture et d'argent. Ils exploitent l'incapacité des pays concernés à se défendre. Ils déchargeant leur butin loin de l'Afrique, dans des ports étrangers, et encaissent chaque année des centaines de millions d'Euros.
Trop souvent, ce sont les pays qui parlent de commerce équitable avec l'Afrique qui achètent le poisson volé, menaçant du même coup la santé des océans et la richesse des pays africains.
La Guinée perd près de 100 millions d'Euros par an
Les bateaux de pêche illégaux ignorent les lois et arborent des pavillons de complaisance afin de cacher leurs véritables origines. Certains sont tellement confiants de ne pas être arrêtés qu'ils naviguent même sans drapeau. Ces bateaux ont fréquemment été observés en train de pêcher illégalement à l'intérieur de la zone économique exclusive de la Guinée. En 2001, au cours d'une journée d'observation, un navire Greenpeace a estimé que 34% des bateaux pêchant dans les eaux de la Guinée étaient là illégalement. Le Département pour le Développement International du Royaume-Uni (UK Department for International Development) estime que le vol de poisson prive la Guinée de près de 100 millions d'Euros chaque année. Les prises sont souvent transbordées illégalement en pleine mer sur des navires frigorifiques qui mettent ensuite le cap sur les marchés de l'Union Européenne (UE), du Japon, de la Corée et de la Chine.
Les pêcheurs locaux ne peuvent tout simplement pas faire concurrence à ces bateaux de pêche illégaux. Ils sont obligés d'aller pêcher de plus en plus loin de la côte, souvent sur de petites barques instables. Les collisions ne sont pas rares. Des pêcheurs locaux légitimes meurent parce que les bateaux de pêche illégaux se rapprochent de plus en plus du rivage.
L'environnement marin est surexploité
Il n'y a pas que les stocks de poissons qui souffrent de ce commerce illégal et non réglementé: l'environnement marin entier est en danger si les pirates persistent dans leurs méthodes de pêche. De larges filets raclent les fonds marins, détruisant au passage les milieux de reproduction et d'alimentation de la vie marine. Les prises indésirables piégées dans les filets, appelées 'prises accessoires', sont rejetées à la mer mortes ou mourantes. Elles pourraient pourtant nourrir de nombreuses communautés côtières.
Eradiquer la pêche illégale
La pêche est une source vitale d'alimentation et de revenus pour 6 à 9 millions de personnes en Afrique subsaharienne. Globalement, le poisson représente la source de protéine principale, voire unique, d'un milliard de personnes à travers le monde. Les populations des pays développés mangent trois fois plus de poisson que celles des pays en voie de développement et un pourcentage considérable des stocks livrés aux pays développés provient du pillage illégal des côtes ouest-africaines. Afin de garantir un futur convenable aux communautés vivant de la pêche en Afrique, nous devons commencer par nous débarrasser du fléau que représente la pêche illégale.