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Le plan de Dubrovnik laisse seulement un sursis de deux à trois ans au thon rouge en Méditerranée puisqu'il prévoit cette année la capture de 29 500 tonnes de poissons. Ce tonnage est beaucoup trop élevé car il représente le double de ce que recommandent les scientifiques pour éviter l'effondrement du stock, soit 15 000 tonnes. Néanmoins, il a le mérite de fixer un cadre technique et réglementaire, inexistant jusqu'à présent, qu'il faut maintenant faire évoluer» commente Stéphan Beaucher, responsable de campagne Océans de Greenpeace France.
Depuis un an, les experts insistent sur l'absolue nécessité de réduire de manière significative la pression sur le thon rouge par la mise en place d'une fermeture de la pêche durant la période de reproduction et une taille minimale de capture compatible avec la pyramide des âges du stock. La réponse de l'ICCAT, entérinée par la Commission ce matin, est notoirement insuffisante avec une fermeture au 30 juin alors que la reproduction a lieu du 20 mai au 20 juin et une taille minimale fixée à 30 kg alors que la reproduction commence à plus de 50.
Un point positif du plan de Dubrovnik est la mise en place d'une série de mesures de contrôle de la pêcherie: les survols en avion de la méditerranée pour repérer les bancs de thon sont désormais interdits. De la même manière, les multiples transbordements sauvages en pleine mer auxquels Greenpeace assiste lors de sa mission d'observation et de documentation que réalise actuellement le Rainbow Warrior en Méditerranée, ne seront plus autorisés. La présence des inspecteurs à bord des unités de pêche devrait les rendre impossibles.
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D'après nos estimations et celles de plusieurs experts indépendants, les flottilles présentes sur la région ont vraisemblablement atteint voire dépassé les 15 000 tonnes préconisées par les scientifiques. Si les décideurs avaient la réelle volonté politique de sauver le thon rouge, ils fermeraient la pêcherie dès aujourd'hui» ajoute Stéphan Beaucher.
Greenpeace souligne le paradoxe de la décision prise ce matin:
- D'une part, l'Union Européenne adopte un plan qui condamne le thon rouge;
- De l'autre, elle refuse d'utiliser les moyens juridiques dont elle dispose pour réduire unilatéralement ses quotas et surtout pour sanctionner les flottilles européennes qui ont surpêché.
Une fois de plus, les petits et grands arrangements du jeu politique européen l'ont emporté sur l'urgence biologique or, on ne peut plus se permettre de faire attendre le thon rouge de Méditerranée!