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Les plages d'Orissa (Inde) constituent l'un des derniers lieux les 
plus propices à la reproduction des tortues olivâtres. Tous les ans, 
entre décembre et avril, des centaines de ces créatures magnifiques 
débarquent sur ces plages pour y pondre leurs œufs.

Les plages d'Orissa (Inde) constituent l'un des derniers lieux les plus propices à la reproduction des tortues olivâtres. Tous les ans, entre décembre et avril, des centaines de ces créatures magnifiques débarquent sur ces plages pour y pondre leurs œufs.

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Chennai, Inde — Dans notre travail, nous considérons que moyens de subsistance et écologie sont inextricablement liés. Partout sur la planète, l'expédition Défendons nos océans répertorie comment la diminution des ressources marines (en raison de la surpêche, par exemple) affecte le bien-être de l'environnement et des gens qui en dépendent. A l'inverse, nous constatons à quel point la conservation peut assurer plus d'emplois à long terme.

Conformément à cette ligne de pensée, notre rapport intitulé 'India's Coastal and Marine Environment' ('L'environnement côtier et marin en Inde') présente des arguments de poids en faveur de l'instauration de réserves marines le long des côtes indiennes.

La péninsule indienne, baignée par l'océan Indien, la mer d'Arabie et la baie du Bengale, abrite une grande variété d'écosystèmes marins. Les trésors que l'on trouve le long des 8'000 km de côtes indiennes incluent notamment des forêts denses de mangroves dans les Sunderbans, la plus grande concentration au monde de tortues olivâtres à Orissa, d'immenses prairies marines à Palk Bay, des dugongs dans le golfe de Mannar, des requins baleines dans le golfe de Kutch et des récifs coralliens flamboyants aux alentours des îles de Lakshadweep, Andaman et Nicobar.

Splendeur et abondance

La beauté des écosystèmes  marins indiens n'a d'égal que leur générosité. La richesse écologique des océans fournit des moyens de subsistance à des millions de personnes: on estime qu'au minimum 4 millions d'individus, répartis dans 4'000 villages de pêcheurs le long de la côte, vivent directement de la mer et de ses richesses. Des milliers d'autres personnes sont par ailleurs impliquées, d'une manière ou d'une autre, dans des activités liées à la mer (commercialisation du poisson, fourniture du matériel de pêche, etc.).

Les pêcheurs artisanaux, qui opèrent à petite échelle, constituent l'immense majorité de l'industrie de la pêche en Inde. Leurs prises représentent des quantités modestes et sont écoulées localement. Mais le développement rapide de la pêche industrielle au chalut leur complique de plus en plus la vie : à la recherche des derniers poissons, les flottes de chalutiers vident et détruisent les océans, ne laissant rien aux pêcheurs artisanaux.

Une abondance relative

Partout sur la planète, l'idée que les océans abritent des ressources inépuisables est ancrée dans les esprits. La réalité est pourtant bien différente. Nous utilisons les ressources des océans avec une telle frénésie que celles-ci n'ont pas le temps de se régénérer. Globalement, la plupart des stocks de poissons commercialisables montrent des signes de surexploitation. Bien qu'en Inde l'océan n'ait pas encore été exploité à des niveaux aussi critiques que dans de nombreux pays occidentaux, il est nécessaire d'agir maintenant.

Afin de protéger les habitats et les ressources marines pour les générations futures, il faut impérativement mettre en place un grand nombre de réserves marines, gérées efficacement. Les réserves marines ne contribuent pas uniquement à protéger les écosystèmes marins. Elles profitent également à l'industrie de la pêche, car les poissons qui s'y reproduisent alimentent les pêcheries alentour et les prises augmentent. Un exemple? En cinq ans, l'instauration d'un réseau de réserves marines à Ste Lucie (Caraïbes) a permis d'augmenter les prises de 50 à 90% dans les zones avoisinantes.

Petites et efficaces

En Inde, il est impossible d'implémenter d'immenses réserves marines près des côtes. La grande majorité des pêcheurs indiens vivent de prises côtières, et la côte abrite la plupart des ressources marines vitales du pays. En théorie, la solution la plus simple consisterait à mettre en place quelques très grandes réserves marines. Mais ceci n'arrangerait qu'un très petit nombre de communautés, vivant aux extrémités de ces réserves - toutes les autres communautés étant pénalisées et contraintes de renoncer à exploiter les richesses de la mer.

La solution tient donc dans la création d'un réseau de petites réserves marines, établies en consultation avec les communautés locales. De cette façon, un très grand nombre de communautés de pêcheurs tireraient bénéfice des réserves et auraient un intérêt à les implémenter et les préserver.