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Un militant Greenpeace proteste contre le chalutier de fond européen 
'Playa de Menduiña' dans l'Atlantique nord. Greenpeace dénonce la 
destruction causée par cette sorte de pêche et en demande un moratoire 
auprès des Nations Unies.

Un militant Greenpeace proteste contre le chalutier de fond européen 'Playa de Menduiña' dans l'Atlantique nord. Greenpeace dénonce la destruction causée par cette sorte de pêche et en demande un moratoire auprès des Nations Unies.

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Canberra, Australie — Dans la foulée de leurs derniers exploits à la coupe du monde de football, l'Australie a également réalisé un très grand exploit dans notre propre coupe du monde des océans en rejoignant aujourd'hui le camp des défenseurs des fonds marins. Après avoir reçu plus de 32.000 emails de nos défenseurs des océans de par le monde, l'Australie invite l'ONU à décréter un moratoire sur pêche au chalut de fond. Si seulement la Commission européenne faisait de même...

Après trois ans d'appels urgents à l'action, l'Assemblée générale des Nations Unies va finalement engager, du 4 au 5 octobre prochain, les négociations sur les mesures nécessaires pour protéger la vie marine des grands fonds et nous pouvons espérer aboutir à une adoption formelle en novembre. Un certain nombre de pays ont déjà exprimé leur soutien au moratoire proposé par l'ONU, dont le Brésil, le Chili, les Pays-Bas, la Suède, la Belgique, le Royaume-Uni, l'Afrique du Sud, le Kenya, ainsi que le Nigéria Palau, les Etats fédérés de Micronésie, la République des Iles Marshall et Vanuatu dans le Pacifique.

Destruction de mondes encore inexplorés

La pêche au chalut de fond est largement identifiée comme étant la méthode de pêche la plus destructive. Les filets fortement lestés raclent le fond des océans sans discrimination aucune, détruisant absolument tout sur leur passage, y compris des espèces inconnues qui n'ont encore jamais été ni étudiées, ni décrites par les biologistes. C'est comme si on roulait avec un énorme bulldozer dans une forêt encore inconnue, très diversifiée et richement peuplée, en ne laissant, derrière soi, qu'un immense désert plat et vide.

De nombreux pays, la communauté scientifique, les défenseurs des océans et l'ONU

En plus des défenseurs des océans et des nombreux pays réclamant déjà le moratoire, d'autres organisations non gouvernementales, plus de 1500 scientifiques et les Nations Unies ont exprimé la nécessité de décréter un moratoire sur cette pratique avant qu'il ne soit trop tard.

Voici le détail des positions:



Si la pêche au chalut de fond ne représente à peu près que 1% de l'ensemble des prises réalisées annuellement dans le monde, l'Union européenne, avec ses 300 navires équipés pour ce type de pêche particulièrement destructrice, héberge, à elle seule, environ 60% de la flotte mondiale, et l'Espagne a la plus grande flotte de chalutiers de fond au monde.

Quelle est la position de l'UE?

"Tant que les pays de l'UE ne parviennent pas à qualifier 'leur équipe nationale', il semble que la Commission européenne agisse comme un mauvais arbitre qui siffle toujours en faveur de l'équipe des destructeurs avec l'Espagne comme capitaine", ironise Saskia Richartz, la Directrice de la politique marine européenne auprès de Greenpeace, avant d'ajouter que "l'Espagne et la Commission européenne avec leur soutien à un tout petit secteur de l'industrie qui continue de vivre de cette méthode de pêche, tiennent en otage la position de toute l'Union européenne. Le temps est venu pour l'UE de protéger les intérêts des océans et de l'environnement, au lieu des droits que se sont octroyés une poignée de bateaux. Les pays de l'UE doivent de façon urgente trouver une position commune pour soutenir le moratoire proposé par l'ONU".

Avec le changement radical de position de l'Australie, les yeux se tournent maintenant vers la Nouvelle Zélande. Notre responsable de la campagne océans en Nouvelle Zélande, Mike Hagler, espère que la Nouvelle Zélande suivra l'exemple de l'Australie. "Greenpeace s'attend à ce que la Nouvelle Zélande rejoigne Palau, l'Australie et le reste des pays du Pacifique pour entraîner le monde à définir une politique forte le mois prochain à l'ONU", a-t-il conclu avant de lancer un "Arrêtez de perdre du temps!"